Fêter la Saint-Jean-Baptiste…sur un dépotoir

Fêter la Saint-Jean-Baptiste…sur un dépotoir
22 juin 2015 admin

Par Claudine Drolet

Vous serez nombreux encore cette année à participer à la traditionnelle fête de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère. Saviez-vous que sous vos pieds se trouvent les vestiges d’un ancien dépotoir?

Tout près de l’actuel parc de planche à roulettes, où se trouvait anciennement la vespasienne (chalet de la piscine), on pouvait voir toutes sortes d’ordures, dont de la ferraille et des déchets ménagers. Juste à côté, sur l’emplacement de l’ancienne piscine, on retrouvait aussi un abattoir, établissement fort utile pour les fermiers de Grand-Mère qui venaient faire abattre leurs bêtes.

Le site attirait bien entendu de la vermine de toute sorte, dont des rats, ce qui posait un problème de salubrité. En réaction aux plaintes des citoyens, la ville de Grand-Mère remédia à la situation. Elle fit d’abord recouvrir le dépotoir de terre. Elle acquit également l’abattoir et le détruisit. Puis la ville transforma ce lieu en parc. Cette transformation eut lieu de 1930 à 1935, en pleine crise économique. On éleva d’abord les rives de la rivière et on construisit un bassin entouré de murets de pierre. On construisit ensuite l’escalier qui donne accès à la quatrième rue et le petit pont de pierres qui enjambe la rivière Grand-Mère. Ce pont serait une réplique d’un pont écossais. La municipalité construisit aussi la piscine et la vespasienne durant cette période grâce au programme de subventions pour l’aide aux chômeurs.

Grâce à des subventions des gouvernements provinciaux et fédéraux, les municipalités ont pu engager de nombreux chômeurs pour réaliser de grands travaux durant la crise économique des années 1930. De nombreux sites incontournables de Shawinigan ont d’ailleurs vu le jour grâce à ce programme. Mentionnons la construction d’un nouvel aqueduc, de l’hôpital Sainte-Thérèse, de la promenade du Saint-Maurice et de l’aréna Jacques Plante (devenu depuis un immeuble de bureaux). Le bain municipal aménagé sur le bord de la rivière Saint-Maurice et la vespasienne du parc Saint-Maurice ont aussi été construits grâce au programme de travaux publics pour aider les chômeurs. Le projet du parc Saint-Marc, de la piscine et de la vespasienne a également été initié par ce programme, même s’il a été réalisé au début de la Deuxième Guerre mondiale.

Cette année, la célébration de la fête de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère en sera à sa 73e édition. On y célèbre donc la fête nationale pratiquement depuis la création du parc. La configuration du parc, qui est un véritable amphithéâtre naturel, facilite l’accueil de telles célébrations. Le feu de joie et les feux d’artifice de la Saint-Jean-Baptiste sont un incontournable. Et la foule est au rendez-vous. De quoi oublier le premier usage du site qui était beaucoup moins glorieux.

Sources :

LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, 100 ans d’histoire : De l’effervescence au renouveau, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 p.

MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978 

Équipe du centenaire de Grand-Mère, Les 100 ans de Grand-Mère 1898-1998, Grand-Mère, 1997, 267 pages. 

Articles :

GAUTHIER, Vincent, «Fête nationale : un succès…en différé à Grand-Mère», Le Nouvelliste, 26 juin 2014 :

http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201406/26/01-4778928-fete-nationale-un-succes-en-differe-a-grand-mere.php

TRÉPANIER, Paul. « Grand-Mère ». Continuité, vol. 49,1991, p. 46 à 52.:

http://www.erudit.org/culture/continuite1050475/continuite1052191/17786ac.pdf

Site web :

Le Musée canadien de l’histoire, «La grande crise économique» : 

http://www.historymuseum.ca/cmc/exhibitions/hist/medicare/medic-2c01f.shtml